J'ai reçu une proposition en 2015, avec pour intitulé "Crise & Utopie"

Voici le texte que l'on m'a transmi:

 

Espace - Temps / Violence - Dialogue / Action - Réaction - Remise en question / Crise - Utopie

Le texte suivant est une invitation.

Nous proposons à cinq artistes grecs et cinq artistes français de s'interroger sur la dimension utopique que pourrait générer la situation de crise dans laquelle se trouve notre société actuelle, et d'en rendre compte dans leurs pratiques respectives.

Nous sommes confrontés à une crise financière, et fondamentalement sociale, morale, humaine....
En quoi notre identité, qu'elle soit individuelle ou collective, pourrait-elle en être sournoisement atteinte ?
Comment l'artiste peut-il tenir son rôle et faire face à ses responsabilités dans cette perte collective de repères et la remise en cause de la question sociale ?

Admettons la crise comme révélateur d'une structure économique qui ne fonctionne plus et qui serait à réinventer. Se pose alors la question d'un nouveau status quo, de la quête d'un système qui serait viable, et qui passerait par un moment de rêve, une vision nouvelle.

Deux pôles sont en tension : celui de la crise comme un vécu qui n'est plus possible, et celui de l'Utopie comme pays des nouvelles possibilités. (1)

Quels champs d'investigation s'offrent dès lors aux artistes ? Quelles analogies entre utopie et crise, mais aussi entre individuel et collectif, pourraient-elles être mises en jeu dans leur travail ? (2)

 


(1)Dans le langage courant actuel, "utopique" veut dire impossible ; une utopie est une chimère, une construction purement imaginaire dont la réalisation est, a priori, hors de notre portée. Or, paradoxalement, les auteurs qui ont créé le mot, puis illustré le genre littéraire inventé par Thomas More en 1516, avaient plutôt pour ambition d'élargir le champ du possible, et d'abord de l'explorer..
(2)Dans son livre « L’histoire des Utopies » Lewis Mumford fait la distinction entre Utopies de fuite et Utopies de reconstitution, où les deux correspondent à des réactions différentes du cerveau humain face aux contraintes. Les premières sont les ilots de l’impossible, les chimères,  les non-lieux par excellence, mais ils n’ont pas l’intention de modifier la réalité. Les deuxièmes sont les architectures d’un nouveau monde où les hommes tentent de s’approprier la réalité avec leurs propres termes.